lundi 28 janvier 2008

Les Syrtes

Je lis actuellement Le Rivage des Syrtes de l’écrivain Julien Gracq qui a récemment disparu. Cet écrivain, peu médiatique, a vécu à l’écart de la fureur du monde, il se distingue par une écriture riche et complexe.
J’ai du mal à parler de son style. Dans le Rivage, il dresse une République, désignée sous le terme de La Seigneurerie, des pays plats, arides que l’on a du mal à situer. Il réussit à nous donner que très peu de pistes malgré la richesse, la diversité du vocabulaire et des images qu’il utilise pour le décrire. Il n’y a que peu de personnages dans son livre et il ne les décrit que parcimonieusement, on se croirait dans un film d’art et d’essai fait dans un pays lointain avec un budget limité ! On pourrait se croire dans une BD du Corto Maltese. C’est dans le Sud, la Méditerranée n’est pas loin, on pense à Venise avec en face la mer Adriatique, puis, au loin, une côte ennemie. Mais les éléments pour le dire viennent de notre imaginaire, alors que Gracq fait très attention de se limiter à l’évocation, à se tenir dans un monde décalé auquel il donne une cohérence propre. Il ne veut pas se situer dans une réalité mais dans un monde de sobriété, de rigueur, étrange où les personnages échappent à une psychologie habituelle. Leurs pensées, leurs actions, leurs sensibilités surprennent. Les textes sur lui parlent de fantastique et de surréalisme. On est en "bordure de ligne" pour ne pas utiliser un terme anglais.

Un extrait que je choisis dans le monde, la métaphore, végétal :

"Il prétendait encore que les organes (note du scripteur : les familles constituant les couches sociales) de la vie à Orsenna (note du scripteur : Capitale de la Seigneurerie), pour un esprit suffisamment prévenu, s’étaient à la longue aussi profondément différenciés que peut l’être dans un arbre la racine de la feuille. ‘’La feuille est la beauté de l’arbre, me répétait-il, et la dépense profuse et éclatante de sa vie – elle respire dans le jour et connaît les moindres souffles du vent, elle oriente la croissance du tronc selon les impressions subtiles qu’elle reçoit à chaque instant de la lumière et de l’air. Et pourtant la vérité de l’arbre repose peut-être plus profondément dans la succion aveugle de sa racine et sa nuit nourrissante."

Une langue qui requiert l’attention et où je m'oblige à retrouver à tout instant les repères concrets que je ne veux pas perdre.

samedi 26 janvier 2008

Le sens et la contingence

On parle beaucoup de Simone de Beauvoir, à l’occasion du centenaire de sa naissance … Deux phrases lues dans un Télérama. L’une un peu paradoxale : La parole représente une manière plus adroite que le silence de se taire. Les mots ne suppriment pas la réalité, mais ils servent à l’affronter.
L’autre qui me concerne de plus en plus : Pour que la vieillesse ne soit pas une parodie de notre existence antérieure, il n’y a qu’une solution, c’est de continuer à pour suivre des fins qui donnent un sens à notre vie.
Toujours la question du sens, je rapproche cette phrase d’une autre que j’aime bien : Demain est la seconde partie de ma vie. L’occasion d’aborder de nouveaux projets sans être limité par des contraintes autres que mes capacités et une certaine idée de l’autre.

Sur ces belles paroles, il y a des contingences qui demeurent, il faut vraiment que je range l’appartement d’Alfortville, pour Pégy je pense disposer bientôt d’assez de rangement. Ranger c’est simple quand on comment disposer des choses.

Grand Mère



Grand mère me parle ainsi :

On s’installe dans un fauteuil,
il y a des gens qui passent,
on discute puis ils vont par là
et ils continuent
le long du mur vers le haut ...

mercredi 23 janvier 2008

Déja vu ..

Extrait d’Une mort si douce de Simonne de Beauvoir

Au sujet de sa mère :

Dans ses dernières années elle était parvenue à une certaine cohérence ; mais à l’époque où sa vie affective était le plus tourmentée, elle n’avait ni doctrine, ni concepts, ni mots pour la rationaliser. De là venait son malaise effaré.

Penser contre soi est souvent fécond ; mais ma mère c’est une autre histoire : elle a vécu contre elle-même. Riche d’appétits, elle a employé toute son énergie à les refouler et elle a subi ce reniement dans la colère. Dans son enfance, on a comprimé son corps, son cœur, son esprit, sous un harnachement de principes et d’interdits. On lui a appris à serrer elle-même étroitement ses sangles. En elle subsistait une femme de sang et de feu : mais contrefaite, mutilée et étrangère à soi.

On voit la description d’une forme de personnalité que l’on a pu connaître …

Des Kerns "esthétiques' en Ecosse et ailleurs

A l’atelier des Amis on a passé une vidéo sur un artiste écossais qui fait des sculptures avec des pierres trouvées dans la nature, les œuvres sont en dialogue avec leur environnement. Ce sont des entassements auxquels ils donnent des formes de toupies à l’envers d’une taille d’un peu plus d’un mètre. Ces sortes de kerns sont faits, contrairement à ceux que l’on voit en Vanoise, de manière très méticuleuse avec des éléments plats qui s’emboîtent impeccablement. Il utilise aussi de la glace, construisant des œuvres éphémères. Le résultat s’intègre dans l’environnement naturel. L’artiste choisit toujours pour cadre une nature somptueuse : l’Ecosse mais aussi d’autres pays. Il joue avec le courant des rivières pour y faire courir des guirlandes de feuilles. Jeux d’enfants qu’il élève au niveau d’un art par la qualité des éléments qu’il utilise, par la beauté du courant des rivières. Il incruste dans des trous d’eau des couleurs vives, souvent rouge intense. Il travaille aussi en bord de mer. On le voit faire une sorte de hutte ronde avec du bois flotté blanchi trouvé sur la plage. Cette hutte ronde posée sur du sable part et se défait en tourbillonnant avec la montée de la marée. L’artiste a l’humilité, l'intelligence de dire que la mer lui prend son œuvre pour la refaçonner à sa manière.

J’ai noté au passage, dans la conversation, que l’art est un assemblage d’éléments auxquels l’artiste applique un rythme.

De retour à Paris, je vais gérer de l’administratif. J’aimerais bien aussi à la Comédie Française à des places "à visibilité réduite" et au cinéma. A suivre.

dimanche 20 janvier 2008

Les clefs pour comprendre

Atelier des Amis des Musées

A propos d’une visite au Manco de genève, la conversation vient sur parle les ready made :
Définition extraite de Wikipédia :
L'attitude du ready-made consiste à choisir un objet manufacturé et à le désigner comme œuvre d'art. Il a donné naissance à une grande partie des démarches artistiques actuelles.
Les ready-made sont des œuvres d'art qui n'ont pas été réalisées par l'artiste, ce dernier n'intervient en effet que pour les sélectionner et changer leur contexte. Roue de bicyclette (1913) est le premier ready-made réalisé par Marcel Duchamp. Cependant on peut considérer que comme cette oeuvre repose sur un tabouret, elle n'est pas un ready-made à part entière. Dans cette optique, Porte-bouteilles (1914) serait, historiquement, le premier ready-made. Notons toute fois que Fontaine (1917) est le premier ready-made que Duchamp exposa.
Dans certains ready-made, l'artiste intervient parfois en modifiant le nom de l'objet, comme l'urinoir de Marcel Duchamp intitulé Fontaine (1917). Dans le ready-made, l’œuvre originale n'est pas forcément importante, l'idée prime sur tout le reste, et de fait certains ready-made sont totalement virtuels. Il est d'ailleurs à noter que la plupart des premiers ready-made de Marcel Duchamp ont été perdus par leurs propriétaires, et que les œuvres exposées dans les musées sont des répliques certifiées par l'artiste. Le ready-made a remis en question la notion de virtuosité et la notion de savoir-faire et a permis de démontrer que c'est souvent l'exposition et l'acte de nommer qui fait l'œuvre autant que le contraire.
Amateur de jeux de mots, Duchamp valorise l'idée au détriment de la technique, reléguant l'expression « aussi bête qu'un artiste » aux annales de l'histoire : la conception d'une œuvre devient l'objet d'un processus intellectuel plutôt que d'un savoir-faire et d'une finalité formelle.

Pour l’appréciation d’une œuvre, il y a du rationnel, de l’émotionnel où de l’imaginaire qui vient au secours du rationnel. Pierre Ricco, psychologue qui anime les ateliers, nous parle d’une visite faite à une exposition en Italie sur des documents, photos ,lettres, cartes postales vie quotidienne d’un docteur palestinien qui a eu une fin de vie tragique. L’émotion de l’artiste face à un évement. Cela me fait penser à la palestinienne avec la vidéo de ses images internes (lire blog du 5-6-7 janvier).
Dans une exposition récente à Lille, il y avait dans les salles au niveau du sol des écrans de télévision qui montrent des chats plutôt faméliques, malades pour les quels on a plutôt de la répulsion … Sans autres explications. Les gens passent à coté de ces chats, sans trop les remarquer occupés qu’ils sont à regarder les œuvres accrochées aux cimaises. Il fallait voir dans ces chats une image des SDF qui vivent au niveau du macadam et que nous ignorons. Avec cette clef tout se comprend. L’artiste veut faire passer un message. Arracher une émotion au spectateur. Après, chacun se débrouille comme il peut devant l’évocation des clochards sur une grille de métro. L’art rend visible, sensible ce qui échappe, ce qui est devenu invisible par une forme d’érosion de l’empathie. Après on doit prendre position.

Doit-on nous donner les clefs ? toutes les clefs, alors l’effort, l’intérêt, pour lire la démarche de l’artiste n’existe plus. Où alors les trouver nous même, il nous faut se rendre disponible, et la capacité de lecture nous pénètre peu à peu … Je voudrais pouvoir rejeter (ou accepter ..) les vidéos des chats une fois après avoir compris le projet .. Non, montrez moi des chats au poil lustré nourri au Whiskas comme à la télé !!
Au Manco, à Genève, une exposition, que j’ai raté, montre de façon très réaliste un chambre de motel, avec les bruits de la route et l’odeurs des gaz .. Le sujet est moins polémique, mais il faut comprendre ce que veut faire passer comme message l’artiste : le souvenir d’un voyage la solitude d’un fauché, une nuit avec un partenaire homosexuel (je suis un peu marqué par la récente lecture des Bienveillantes) ? Ou est-ce que c’est à moi de fantasmer sur cette chambre .. Fantasmer .. si cela m’inspire … d’ailleurs ..

Je m’arrête là, il faudra que je parle d’un artiste écossais dont on nous a montré la vidéo .. Il travaille avec pour support la nature ..

jeudi 17 janvier 2008

Demandeur d'asile

Aujourd’hui démarrage de l’atelier informatique au Secours Informatique, d’abord la typologie :
8 personnes : Quatre mères de famille larguées par leurs enfants qui veulent utiliser l’ordinateur dans le calme et la sérénité. Un père de famille qui veut dialoguer avec sa famille par mel et consulter pour sa fille. Un chercheur d’emploi qui veut consulter le net , une jeune femme chargée d’accueil qui veut mieux utiliser les traitement de texte et les tableurs .. Une mère de famille qui veut faire un fichier client pour des réunions Tupperware.

Ils ont chacun travaillé avec un jeune bénévole. Ils (les bénévoles) ont été très patients, ce qui est très important. Chaque élève a eu un travail pratique adapté à son niveau. La navigation sur le net, la messagerie sera un objectif. La saisie de texte se fera au fur et à mesure de la nécessité. Deux boites mels ont été crées.

Il faudra faire passer des notions au fil du temps : la créations de dossiers, la gestion de fichiers, la navigation sur le net, la création de boite mel, l’envoi de pièces jointes. Ceci en donnant des notions de contraintes techniques au passage …

J’ai été à la dernière conférence des Amis des Musées sur le corps et l’art. Le sujet (je simplifie) : Les évolutions des critères de beauté en Occident depuis la Renaissance, de la mode et de la mise en valeur du corps des femmes. Oui ...

J’ai été Mardi soir à une conférence du Secours Catho sur les demandeurs d’asile et les clandestins. Il apparaît que les étrangers viennent dans l’ordre de l’Union Européenne, du Maghreb, puis du reste du Monde. Le demandeur d’asile doit maintenant faire la preuve qu’il est en danger si il reste dans son pays, ce qui n’est pas toujours facile. Pour une personne hors de l’Union, en théorie il doit être demandé par un employeur qui doit lui proposer un contrat dans une série de métier défini très précisément. Comme c’est souvent le cas en France, il y a plusieurs textes qui définissent les modalités d’accès … Ils se télescopent, parfois les associations arrivent à y trouver des failles à opposer à la Préfecture.

Aujourd’hui 16 janvier à Jacob j’ai vu une mésange à longue queue .. Super ..

dimanche 13 janvier 2008

Le raid de l'escadrille

Bonne journée, il a fait beau et j’ai passé mon temps à réduire les tas de bois autour de la maison, cela avance doucement. J’ai fait un tas de grosses branches qu’il faudra fendre puis couper. Une belle activité pour le mois de Mai.
J’ai résolu une énigme aujourd’hui. Je remplissais un réservoir de graine pendu à une branche de noisetier avec des graines de tournesol et je le retrouvais vide très rapidement. Ce ne pouvait être un rongeur, je penchais pour un corbeau ou un merle. En rangeant le bois dans le paddock, j’ai pu observer le manège des chapardeurs. Ce sont des mésanges, elles fonctionnent comme les avions les aéroports qui atterrissent les uns après les autres. Au début, elles se mettent sur les branches hautes du noisetier, puis l’une d’entre elles, plus hardie, descend à mi hauteur puis va sur le réservoir prendre une graine et s’en va rapidement. La suivante lui succède. Résultat en une petite heure de ce manège, la moitié des graines sont parties. L’escadrille était composée de mésanges noires, charbonnières et peut être des bleues.

Je continue avec les Bienveillantes, le livre est long, pas très bien écrit, mais intéressant parce que le roman nous fait faire le tour de la question si j'ose dire. L’officier, un nazi sincère, convaincu parcourt l’ensemble de l’Europe. Stalingrad, Crimée, la Pologne, Paris, Antibes et je n’en suis qu’à la moitié. La question juive est le centre de leur préoccupation. Doit-on éliminer tous les juifs ? pour « purifier » L’Allemagne , l’Europe ? Doit-on garder les plus forts pour produire dans les usines et contribuer à l’effort de guerre de l’armée allemande ? Il y a des belles luttes internes chez les SS.

vendredi 11 janvier 2008

Bénévolat ?

D’abord, il faut presque doux aujourd’hui autant en profiter … demain il pleut et il fera froid.
Je suis passé chez le notaire, on va continuer la donation avec la fin de Pégy et l’Hay, cela se fera en Août pour le passage de Servane dans les Alpes.

Evrard, c’est le nom du menuisier qui va aménager la cuisine du bas est venu pour prendre des mesures et des gabarits pour la résine. Il va venir en Mars, je lui mettrais la pression pour qu’il tienne ses délais. En attendant, je vais préparer l’électricité et changer la fenêtre. En bas, je vais tacher de faire le vide, Jean Charles, le cousin antiquaire va racheter quelques rogatons , je vais utiliser la masse pour les lits. Cela m’a fait mal au cœur de casser et de bruler des planches de noyer travaillées par un ébéniste.
Mes affaires de bénévolat avancent la Croix Rouge veut me brancher sur une bibliothèque pour des moyens séjours, j’ai fait un tour avec eux, cela ne me convient pas trop, j’aimerais pouvoir prendre le temps de parler avec les hospitalisés , de les écouter. Je vais faire un intérim de quelques mois, cela permettra de connaître ce bâtiment de l’hôpital (l'Hotel Dieu) et les services. J’ai pris contact avec l’aumônerie , ils sont installés à l’hôpital de court séjour et sur Bassens. Je me suis recommandé de Jacqueline Sylvain, cela a bien marché. Je leur ai dit que j’étais plutôt mécréant la sœur a qui je parlais n’a pas trop toussé. On va voir comment tout cela avance.

J’ai été une conférence des Amis des Musées sur le corps et le désir dans le cinéma. Le conférencier a tout de suite était clair, il ne s’agit pas de désir physique pour cela il nous a renvoyé vers nos sites pornographiques favoris, mais du désir d’être dans un lieu ou en compagnie de quelqu’un ou de ressentir tel ou tel sentiment. Après cette introduction, il a parlé du corps narratif de l’acteur, c'est-à-dire du corps du personnage avec ses habits, sa gestuelle, ses paroles, l’ensemble créant la fiction et permettant de recréer une époque révolue. Le conférencier a étayé sa présentation sur des extraits de cinq films dont Roma de Fellini, un film sur l’univers poétique de l’artiste, il faudrait que je le revois, peut être que je capterais mieux maintenant. Et De battre mon cœur s’est arrêté de J. Audiard, un film que j’ai adoré. Il a prit comme extrait le début du film dans lequel un homme parle avec un autre de ses difficultés avec son père qui est devenu vieux et dont il a du s’occuper de manière de plus en plus lourde jusqu’à la fin puis un enfant lui est né. Cette vie qui passe racontée par un personnage que l’on ne verra plus, c’est le résumé de ce qui va arriver à son interlocuteur, le futur personnage principal du film.

Ses commentaires sur les films étaient très pertinents, mais je n’ai pas bien compris le rapport avec le titre de la conférence ...

mardi 8 janvier 2008

Comment vider la pièce du bas ..

Je reviens sur la Croix Rouge, j’ai été rencontrer une responsable de l’activité de gériatrie. Je me suis présenté en indiquant bien que je recherchais des activités d’écoute .. La personne a bien dit qu’il y avait de telles activités, mais elle m’a orienté vers ce qui l’intéressait : La bibliothèque des Moyens Séjours … Je ne me ferais pas avoir ..
Je suis plus intéressé par Jalmav. (Jusqu’à La Mort Accompagner la Vie). Je sais, c’est pas drôle. Peut être une manière d’apprivoiser la Dame de Haute Savoie, de gérer le passage ?

William est venu pour prendre des montants de lits, je l’ai invité à déjeuner, fait un farçon (bon, mais démoulage raté je n’ai pris le bon moule), de la tomme crémeuse superbe, des œufs à la neige (géniaux), bref le tapis rouge … Quand il a vu le bois il a dit, cela ne m’intéresse pas j’en ai déjà pour 100 ans !! Le S …. Bon, il va m’inviter chez sa femme Simone quand elle fera des bugnes, elle a, d'après William, une très bonne recette ….

Je vais voir si le cousin antiquaire Jean Charles (pas Charles) de Bloye est intéressé, mais je vais probablement avoir à me résoudre à mettre tout cela chez Emmaus où alors à la cheminée ??

L'artiste, son corps et le message

A Pégy, je suis devant un tas de bois à couper, il reste à avoir le temps favorable pour faire le bûcheron. J’ai fait de belles photos de Grand-mère qui est assez loquace en ce moment, elle se balade encore assez. Pour le Secours Catholique, j’ai installé, avec l’aide efficace d’un technicien venu après son travail, 4, voir 5 micros. J’ai eu un contact avec l’équipe de jeunes qui vont suivre l’atelier informatique. Ils viennent d’une association Uni-Cité qui leur propose un service civil de 9 mois. Cette période leur permet, en ayant une action citoyenne, de faire le point vis-à-vis du monde du travail et de trouver, si possible leur voie.
C’est marrant, j’ai trouvé ces jeunes immatures, irresponsables. J’ai eu l’habitude des stagiaires informatiques qui trimaient comme des malades et si cela ne marchait pas, il y avait une discussion les yeux dans les yeux. Il est vrai que je ne m’en occupais pas directement. Il va falloir que je m’adapte un peu, c’est très bien.
J’ai été à une conférence aux Amis des Musées, sur le corps dans l’art contemporain. La conférencière a fait le tour de la question avec concision. Au départ, elle a évoqué les belles images de corps que l’on trouve dans l’art classique, académique, les statues grecques ..
Puis le corps blessé qui soufre, San Sebastien avec ses flèches .. Le corps pris par la folie, abîmé, déformé par le travail . Elle passe sur le corps d’un aide, enduit de couleur, utilisé comme pinceau par l’artiste.
Ce sont des actions, des performances qui se passent en temps réel, devant un public. Fini l’artiste isolé dans son atelier. Il y a les artistes autrichiens qui prennent un corps, l’enduisent de boue, le ligotent.
A partir des guerres mondiales, surtout après le nazisme, la Shoah, le Vietnam, les artistes contemporains veulent, en réaction à la souffrance imposée, souffrir eux-mêmes dans leur corps pour forcer les spectateurs à intégrer ces douleurs qu’ils ne veulent pas voir. Un artiste s’accroche à de multiples hameçons qui le hissent, avec une grue, à 70 mètres (no comment).

Une autre Orlan, d’origine stéphanoise, applique des déformations à son visage, manière de lutter contre les déformations du corps dues au temps. Depuis, elle applique ses déformations sur des images virtuelles, ce qui est sage, elle était allé aux limites de la chirurgie esthétique.
Puis sont évoquées les images internes de nos corps qui nous sont brutalement renvoyées (échographie qui devient un spectacle familial, coloscopie, …). Une artiste palestinienne qui a trop souffert d’être contrôlée par des caméras israéliennes, projette dans un espace limité des images internes de son corps, le spectateur doit marcher dessus, reproduisant les atteintes à son intégrité physique qu’elle a subit. Et l'obligeant de sortir de sa position de voyeur pour faire un choix éthique.
En fin, elle évoque les extensions techniques appliquée au corps pour lui faire intégrer les cyber techniques. Je rêve de dialoguer en direct depuis mon cerveau avec l'ordinateur, en finir avec le clavier et la souris.

mardi 1 janvier 2008

Une crème au beurre

Un souci (grave), je n’arrive pas à faire ma crème au beurre au café. D’abord il faut que j’arrive à faire fondre le sucre dans la crème. Le sucre cristallisé actuel reste en petit grain, ce qui donne l'impression de grains de sables dans la préparation ! Il faudrait mieux que je fasse une crème anglaise dans laquelle j’incorporerais le beurre mou.
Cette considération culinaire étant faite, j’ai passé les fêtes tranquillement. J’ai avalé de façon boulimique tous les épisodes de la saison 3 de Grey’s Anatomy. Le dernier épisode s’est terminé en catastrophe, une cérémonie de mariage ratée, des couples qui prennent de la distance, un couple à trois dans la débacle. Bref la Cata. Je vais, quand même, ne pas céder à une émotion légitime et prendre un peu de temps avant de commander à mon fournisseur la saison 4.

Les Bienveillantes, un énorme pavé de plus de 900 pages se lit, la deuxième guerre, l’holocauste du point de vue d’un nazi … Avec parfois chez les officiers allemands le souci, noté par le narrateur, de procéder à l’élimination des juifs, projet essentiel de leur domination sur l’Europe, de façon quasi humaine ..

L’appartement d’Edmée a été vendu, une bonne chose de faite … J’ai passé le nouvel an à Paris et je vais retourner en Savoie pour mon chantier de bois après l’élagage des frênes et des charmes.