lundi 28 juin 2010

Visite à la psy.

En discutant avec le médecin qui a suivi Maman au Cézalet, elle m'avait suggéré d'aller voir la psy de l'unité de gériatrie. J'avais un doute, mais je me suis prêté à l'exercice pour voir ….

Je l'ai rencontré un mois environ après le départ de ma mère, c'est un peu tard, je pensais que l'émotion serait passé et que cela serait inutile.
Au début, j'ai eu du mal à parler après c'est venu plus facilement, même si les mots employés ne me satisfaisait pas toujours. J'ai toujours un problème sur le choix des mots, souvent j'aimerais qu'ils soient mieux choisis de façon à mieux nuancer les propos.

J'ai parlé du départ de Maman, des équipes soignantes de leur "protocole décès". Il y a un décès, alors il y a des mots à dire vis à vis de la famille, un protocole à appliquer ….. Un réflexe.

Puis j'ai parlé du "devoir" que j'avais vis à vis de ma mère, devoir que j'appliquais sans difficulté, encore que je n'ai pas eu le sentiment de me sacrifier pour elle. J'avais trop l'image d'Edmée qui s'est sacrifié pour Bernard, sa mère …
J'ai fait des escapades à Paris pour prendre mes distances aussi avec cette longue et lente déchéance de ma mère. Même à Paris, je pensais à elle : seule dans son monde et j'étais impuissant à la ramener vers un monde plus réel …..
Ma mère était sereine, calme, pas en demande où dans la plainte. Digne. Mon grand père, son père, parlait du calme des vieilles troupes.

J'ai parlé des cousins, des Goutard qui m'ont envoyé des petits mots rappelant que ma mère a été une femme, une mère responsable, douce, attentive aux autres. Comme je l'ai dit Bernard lui doit beaucoup.
J'ai dit qu'une page était tourné, je n'ai plus de devoir, d'obligation vis à vis de ma famille. Je veux parler de mes parents, mon frère, ma sœur. Pour mes filles c'est différent, je serais toujours présent, disponible. Je n'ai pas envie de commencer une carrière de père indigne. Elles ont leur vie, elles savent où elles veulent aller. Je ne suis pas dans la toute puissance à vouloir "organiser" la vie des autres.

Je voudrais organiser le transfert du patrimoine, l'idée de recevoir et de transmettre des biens mobiliers et immobiliers. L'envie de transmettre des valeurs, cela permet d'atténuer le "drame" de la mort. J'ai aussi parlé de bien vieillir, de l'âge comme une opportunité

Mon départ, la psy m'a demandé si j'avais peur de la mort ? Bien sûr, mais, pour l'instant c'est mis de coté. La maladie viendra, quand ? Ce sera un Alzheimer, un AVC, un cancer ? ll sera alors temps de gérer si j'en ai la capacité.

Retraité, je n'ai plus de hiérarchie avec laquelle il faut composer, d'équipe (chiante !) à manager. Depuis longtemps, je me sens libre, prêt à vivre plus librement avec moins de contraintes. Je ne vais pas pour autant faire n'importe quoi, juste tenter de bien vivre l'autre partie de ma vie.

samedi 19 juin 2010

Taxi-Tram du 19/06

Chatou petite ville sur les bords d'une petite rivière qui a inspiré Renoir
avec "les canotiers à Chatou".
Au CNEAI (Centre National de l'Édition et de l'Art Imprimé), une exposition qui relie deux personnes : un poète Manuel Joseph et un plasticien suisse Thomas Hirschhorn qui sont amis de "vingt ans"' !
Le poète est dans le registre des poètes maudits. Il est alcoolique, de
gauche tendance anarchiste, désespéré. J'aime et je comprends pas trop.
Le plasticien a repris de multiples objets de l'univers du poète. Il les a accumulé,
mis en scène en couvrant d'un lino un peu limite tout ce qu'on peut couvrir, Tout cela est tenu par du scotch marron large bande. Tout l'espace est occupé de textes du poète, des livres, des vidéos qu'il aime. Puis des vidéos montrant des lectures qu'il fait. Un univers impressionnant présentant le monde du poète.

Après je me suis baladé dans le marché de Chatou, j'ai failli y
acheter une fougère pour Pégy, mais c'était une plante d'intérieur.
Je me suis rabattu sur une livre d'abricots et un quatre quart !
Après Chatou, nous sommes partis vers Velizy-Villacoublay voir : Aires de Jeux.
Les aires de jeux sont commandées par des mairies sur "Étagères". Elles sont devenues sécuritaires, sans imagination, ni créativité.
Donc des créatifs ont imaginé des aires. Le résultat est assez intellectuel.
A noter une petite maison, aire de jeu sortie d'un catalogue, dont les parties plastiques ont été torturées, étirées … Il y avait de la vie dans ce petit château explosé.

Puis retour vers Paris "intra-muros", quelle aventure d'aller au delà du périphérique !
Cap sur le Palais de Tokyo !
Nous avons un médiateur hyper intello, mais intéressant. On commence par la fin de l'expo.
Une photo de montagne, digne d'un cabinet de dentiste, plus suisse tu meurs, avec un lac, une maison de bois, il manque la vache ! Limite vulgaire. De l'autre coté, à l'envers une meurtrière de château fort permettant de tuer les attaquants. Le médiateur nous en fait une théorie sur cette ambivalance.

Puis plus loin une lanterne magique qui nous montre quelques images d'un péplum italien "Maciste, l'homme le plus fort du monde". L'idée est que le péplum, histoire populaire veut être jugée, analysée avec autant de rigueur que la "vraie" histoire. Il fait un parallèle avec Wikipédia qui met la capacité d'être expert à portée de tout le monde. Plus loin on voit un film sur une reconstitution d'une bataille napoléonienne. Bien filmée, il y a un mélange de réalité de retour à l'époque actuelle, de faux combats, de morts qui reviennent à la vie ! De spectateurs, de porteurs de lunettes.
La aussi, on cherche ou se trouve la réalité.
Puis on voit une peinture hyperréalisme, on dirait une photo. C'est une lutte de deux hommes avec un éclairage très limité. Le médiateur parle, à juste titre du Caravage. Cela se passe dans un sous sol très sobre. On peut penser aussi au Caravage, sulfureux dans le sujet de ces œuvres.

Dans l'autre salle, du haut d'un mur une ouverture vomit des mètres cubes d'une poussière grise !
Beaucoup de mouvement dans ce jaillissement formidable ! Il est certes monstrueux ….
Mais bien aux dimensions du Palais de Tokyo.

jeudi 17 juin 2010

Les footeux

Il y a quelques jours lors de l'inauguration du Mondial, un journaliste demandait à Jean Luc Mélanchon, un homme politique à gauche de la gauche entre M.G. Buffet (PCF) et M. Aubry (P.S.) et à l'écart de Besancenot, vous le situez maintenant !
On lui demandait donc son avis sur le Mondial, il a répondu cela me choque de voir des Smicards applaudir des millionnaires ! A ça se dispute , émission sur I Télé le samedi, Zemmour et Domenach on trouvait que c'était inexact que c'était plutôt des ouvriers qui regardaient jouer des ouvriers … Il y a longtemps peut-être ?
Les deux chroniqueurs sont tombés d'accord pour dire que le mot de Mélanchon correspondait à un un réflexe d'homme de gauche trop intellectuel !

Pour moi, personne simple …. J'ai le souvenir d'avoir vu, j'étais en résidence universitaire à Grenoble, Pélé joueur mythique du Brésil lors d'une coupe du Monde. Il arrive devant le but, contrôle le ballon avec le torse et le laisse tomber à ses pieds, il arme sa jambe pour shooter à gauche, le gardien se jette à gauche et …. Pelé tranquillement pose le ballon dans les buts dégarnis, à droite. Geste magnifique de maitrise, d'élégance. On se souvient aussi du talent de Zidane avec ses dribbles de virtuose et Cantonna, certes avec sa forte personnalité boxant un spectateur, un anglais c'est moins grave, et marquant des penaltys.
Ce foot là, j'en redemande, mais celui des Bleus qui ne savent pas mettre une balle dans les buts et conduisent des Porsches ….

dimanche 6 juin 2010

Encore des nouvelles de Pégy .....

A Pégy, je suis en plein travaux. La piscine ne me donne plus trop de soucis, juste ces petits bouts de dépôts d'algue que je voudrais éliminer au fur et à mesure avec le robot. Il faudra refaire le bord de la piscine avec une colle qui résiste bien au gel. Deux vitres sont à mettre d'équerre sur leurs montants.
J'ai acheté une tronçonneuse qui va bien, j'ai pu avancer mon chantier de bucheronnage. Les petites branches de séquoia sont débitées et rangées. Je vais pouvoir faire des bûches avec les troncs fendus. Il faudra que je range le bois sous les avants-toits du bûcher. Pour cela il faudra que je prépare des cotés qui me permettront de monter, sans trop de risques d'effondrement, de ma pile de bois.
Je dois aussi réparer le grillage que le troupeau du jeune agriculteur a abimé. Puis désherber les groseilliers et a droite et à gauche, là ou la tondeuse ne peut passer.
De belles occupations.

Un chantier à venir : rénover le toit du bûcher. Il est fait d'ardoises artificielles" à base d'amiante qui commencent à se déliter. Ce serait bien d'en mettre de nouvelles conformes aux standards actuels et de changer les bois de la charpente vermoulus.
A voir, il faudrait que je sois conseillé par un homme de l'art.

J'avais un chantier de bois à couper en petites bûches. Avec un appareil, que m'a prêté Charles, il maintient les bois pendant que la tronçonneuse, attachée par le guide-lame, sur le bâtis les coupe plus facilement et aussi une nouvelle tronçonneuse plus puissante j'ai débité rapidement mes ceux tas de bois. Puis j'ai empilé les buches de part et d'autre du bucher. Les tas sont bien tenus, ils ne devraient pas tomber.
J'ai récupéré des fougères dans un ruisseau, l'Albenche qui descends de La Croix des Sables vers Albens pour finir dans le lac du Bourget. Mes plantations se portent très bien avec le temps pluvieux qui nous accablent en ce moment.

Départ de Williams

Jeudi soir, jour de départ de Grand Mère, nous devions, Fé et moi, recevoir Angéle une amie de Fé. J'avais préparé des desserts, nous avons décidé de maintenir l'invitation en promettant à Angéle de ne pas être glauque. La soirée se passait bien, nous avions débouché du Crémant d'Alsace, j'avais préparé des tuiles. Tout allait bien, on parlait de via ferrata quand je reçois un appel de Michel Guillaud, justement un "quasi" expert en via ferrata, en tout de mon point de vue, qui est un vertige pas possible.

Je lui pose la question ou peux t-on trouvé des via dans les environs ? Il me réponds, mais rapidement il s'arrête et me dit je t'appelais pour te dire que Williams est mort : il s'est pendu !!
Quel choc, le départ de ma mère était prévisible, voir même attendu. Celui de Williams est brusque, terrible. On pense au choc pour Simone. Il était atteint d'un cancer, toujours lui, au niveau de la gorge et devait commencer des chimio.
Il s'est refusé à ce long processus et pendant qu'il lui restait suffisamment de forces il a choisi la forme de son départ.

C'est un choc pour mes filles et moi. Nous l'aimions bien. Nos pensées vont à Simone, cela a du être terrible.

Il avait refait la croix du bas à Pégy, c'est bien pour un mécréant. Il venait souvent avec Simone à Pégy, lors des nos fêtes. Comment décrire sa forte personnalité sans oublier tel ou tel aspect de son caractère riche, truculent, révolutionnaire, voir anarchiste, mais aussi philosophe et un tantinet facho ? Lors des fêtes, il sortait souvent fumer des clopes (ou des joints ? Va savoir !) avec Fé. Il était venu nous aider, avec Simone, à tendre la bâche devant la maison pour la mariage de Clémence.
Il y aurait beaucoup de choses à rappeler. J'étais fier comme "Bar-Tabac" car il m'avait félicité pour la rénovation du parquet de la salle à manger de Pégy. Recevoir les compliments de Williams, ébéniste émérite, ce n'est pas mince.

Lors de la cérémonie laique qui a eu lieu à la Balme de Sillingy, une de ses premières amies à dit des choses très belles sur Williams, sa façon d'être, son humour caustique, son coté anar, son regard sur le monde.


Il a choisit une cérémonie laïque, difficile de mon point de vue de ne pas évoquer quelque chose d'autre qui donne du sens à nos vies, à notre présence sur Terre, à l'action de l'homme. Soit, la religion qui fait Dieu à notre image ne parait pas idéale sous bien des aspects et elle est même archaïque avec ces textes qui, de mon point de vue, perdent de leurs forces, de leur signification.
Mais de là à réfuter toute essence supérieure … L'homme est plus qu'un animal. Il réussit dans la technique, le mieux être physique du genre humain, pourquoi n'est-il pas capable de diriger l'humanité vers un monde meilleurs ?

L'idée d'une couche de l'esprit, analogue à la couche des réseaux de transmissions électroniques qui entourent le Globe peut s'imaginer.
La résultante de toutes les forces du bien existantes ! Regrouper les hommes de bonnes volontés …..

Mais comment comprendre l'évolution de ladite couche quand on voit les massacres, la pollution, la haine raciale ….

Comment la conduire vers une terre de paix, d'amour …..

Départ d'Hélène

Départ d'Hélène, c'est ainsi que l'appelle ses cousins et cousines. Certains se souviennent aussi de Papotte !
Ce curieux surnom a une histoire :
Mes grands parents maternels étaient en garnison à Fez, Papé, étant capitaine, aux alentours de 1920. Hélène était alors jeune et comme elle faisait du bruit en dormant, ses parents l'avaient surnommé : Crappote. Elle jouait dans une cour de caserne et les soldats marocains avaient reçus pour consigne de ne pas la laisser sortir de la Caserne. A chaque changement de garde cela donnait la consigne suivante, dans leur français incertain : Pas laisser sortir Papotte !

Texte dit lors de la Cérémonie Funéraire.

Hélène nous a quitté le jeudi 26 Mai vers midi et demie. Clémence est descendue mardi d'un coup de TGV, Ferréole était là mercredi et Servane s'est unie à nous par la pensée.
Dépendante, ma mère faisait une descente en douceur depuis un ou deux ans. Elle a gardé malgré tout sa dignité, son envie de faire ….
On ne sait pas très bien ce qu'elle entreprenait avec ses gestes inachevés. De la couture, la taille de ses hortensias, une merveilleuse tarte aux pommes dont elle a emporté le secret ? Qu'importe elle voulait entreprendre …

Ma mère était attentive et douce, cette attention à autrui n'était pas limitée à sa famille proche, elle était attentive à ses neveux, à ses relations, ses voisins avec simplicité. elle avait une foi immense et simple.

C'est avec son coeur de mère et sa douce autorité, qu'elle a pris en charge Bernard avec sa maladie qui prenait beaucoup d'espace. Il lui doit beaucoup.

Maman est partie rejoindre les siens, gageons qu'elle retrouvera Edmée toujours active et Bernard enfin apaisé …