Visite à la psy.
En discutant avec le médecin qui a suivi Maman au Cézalet, elle m'avait suggéré d'aller voir la psy de l'unité de gériatrie. J'avais un doute, mais je me suis prêté à l'exercice pour voir ….
Je l'ai rencontré un mois environ après le départ de ma mère, c'est un peu tard, je pensais que l'émotion serait passé et que cela serait inutile.
Au début, j'ai eu du mal à parler après c'est venu plus facilement, même si les mots employés ne me satisfaisait pas toujours. J'ai toujours un problème sur le choix des mots, souvent j'aimerais qu'ils soient mieux choisis de façon à mieux nuancer les propos.
J'ai parlé du départ de Maman, des équipes soignantes de leur "protocole décès". Il y a un décès, alors il y a des mots à dire vis à vis de la famille, un protocole à appliquer ….. Un réflexe.
Puis j'ai parlé du "devoir" que j'avais vis à vis de ma mère, devoir que j'appliquais sans difficulté, encore que je n'ai pas eu le sentiment de me sacrifier pour elle. J'avais trop l'image d'Edmée qui s'est sacrifié pour Bernard, sa mère …
J'ai fait des escapades à Paris pour prendre mes distances aussi avec cette longue et lente déchéance de ma mère. Même à Paris, je pensais à elle : seule dans son monde et j'étais impuissant à la ramener vers un monde plus réel …..
Ma mère était sereine, calme, pas en demande où dans la plainte. Digne. Mon grand père, son père, parlait du calme des vieilles troupes.
J'ai parlé des cousins, des Goutard qui m'ont envoyé des petits mots rappelant que ma mère a été une femme, une mère responsable, douce, attentive aux autres. Comme je l'ai dit Bernard lui doit beaucoup.
J'ai dit qu'une page était tourné, je n'ai plus de devoir, d'obligation vis à vis de ma famille. Je veux parler de mes parents, mon frère, ma sœur. Pour mes filles c'est différent, je serais toujours présent, disponible. Je n'ai pas envie de commencer une carrière de père indigne. Elles ont leur vie, elles savent où elles veulent aller. Je ne suis pas dans la toute puissance à vouloir "organiser" la vie des autres.
Je voudrais organiser le transfert du patrimoine, l'idée de recevoir et de transmettre des biens mobiliers et immobiliers. L'envie de transmettre des valeurs, cela permet d'atténuer le "drame" de la mort. J'ai aussi parlé de bien vieillir, de l'âge comme une opportunité
Mon départ, la psy m'a demandé si j'avais peur de la mort ? Bien sûr, mais, pour l'instant c'est mis de coté. La maladie viendra, quand ? Ce sera un Alzheimer, un AVC, un cancer ? ll sera alors temps de gérer si j'en ai la capacité.
Retraité, je n'ai plus de hiérarchie avec laquelle il faut composer, d'équipe (chiante !) à manager. Depuis longtemps, je me sens libre, prêt à vivre plus librement avec moins de contraintes. Je ne vais pas pour autant faire n'importe quoi, juste tenter de bien vivre l'autre partie de ma vie.