vendredi 27 mars 2009

Des films à Paris.

J'ai été voir Welcome : un très bon film qui aborde le problème des migrants (du Moyen Orient et d'ailleurs) bloqués à Calais dans leur quête de rejoindre l'Angleterre. Un maître nageur (Vincent Lindon très bon) qui apprend à nager à un jeune irakien qui veut rejoindre sa fiancée en Angleterre en traversant la Manche à la nage. Ce qui fait polémique ce sont les propos du réalisateur du film qui fait le parallèle avec la traque des juifs durant la Soah. Il évoque une loi française qui permet d'inculper les personnes qui viennent en aide à des personnes qui sont dans l'illégalité. On voit aussi certaines grandes surfaces refuser l'accès de leurs magasins à ces étrangers. Le film doit être vu parce qu'il pose le problème. Les faits qui sont montrés du doigt sont véridiques, ils sont (heureusement) parcellaires. On voit une association qui arrive à agir pour aider ces migrants, certes sous l'oeil de la police qui fait du zèle.
Sur ce problème des migrants, on ne peut prétendre, de Calais, bloquer les frontières, empêcher le flux migratoire, résoudre le problème dans sa globalité. Il faudrait que des possibilités de travail, la démocratie s'instaurent dans les pays d'où partent ces flux de voyageurs à la merci des passeurs. Un problème mondial. Il me semble que l'on peut prendre, à Calais, le problème à un niveau basique. Fournir une aide alimentaire, des soins, des douches à ces migrants qui vivent dans des bois autour de Calais (La jungle). L'argument du Ministère de l'Immigration c'est de dire que cette aide est un appel qui créait un point de fixation, que cela facilite l'emprise des passeurs. Tout le monde sera d'accord qu'il faut lutter contre les passeurs, seulement il y a les bavures .. Les migrants et les associations prennent des coups au passage et cela n'est pas acceptable.

Un deuxième film : Les Trois Royaumes, un film de John Woo, réalisateur chinois. Une épopée sur la lutte entre trois armées pour constituer le futur empire de Chine. La mise en scéne est magnifique. Certes il y a les combats avec le sang, les membres coupés … Mais on voit aussi le mouvement des armées, la cavalerie, les vaisseaux innombrables, les fantassins … Les stratéges, les ruses.
Les films de cape et d'épée historiques sont renvoyés aux oubliettes ..

dimanche 22 mars 2009

Le trek au Sahara

Trek au Sahara du 8 au 15 mars 2009

Natif de Fès, j'ai entendu depuis tout petit mes parents me parler, avec nostalgie, du sud du Maroc : Ouarzazate, la vallée du Dra, Zagora ….. Quand j'ai voulu aller voir le Sahara, j'ai choisi un trek qui passe par ces lieux évocateurs du sud marocain.

Le dimanche 8 mars
L'arrivée à Ouarzazate est tardive, nous faisons connaissance avec notre guide Hussein, c'est un berbère qui aime sa culture et l'a défend avec cœur. On le verra tout au long du trek.
Au petit matin des fenêtres de l'hôtel, nous voyons qu'il a plu durant la nuit, Hussein nous dira qu'il y au moins dix ans qu'il n'y a autant eu de pluie dans le sud, ici la pluie est une bénédiction du ciel. Lors d'une petite balade avant le départ, j'ai vu des géraniums plantés en pleins terre, ici ils passent l'hiver dehors, cela me rappelle ceux de Fès. Dans les rues des militaires, plutôt débonnaires, vont rejoindre leur caserne.
De retour à l'hôtel, j'observe que les femmes de ménage sont bien dans leur peau et qu'elles vaquent tranquillement à leurs occupations. Ici les Marocains sont heureux et ne me semblent pas exploités comme ils peuvent l'être en Europe et particulièrement en France. C'est bien.
Nous devons rejoindre le lieu de départ du trek proprement dit, avec un voyage en voiture de plusieurs heures. Sur la route de Zagora, on voit des parcelles cultivées avec du blé qui sera moissonné dès le mois de mai. L'oued Dra qui draine les eaux de l'Atlas irrigue la plaine au moyen de petits canaux appelés "seguias". Je verrais un âne qui tire une charrue. Souvenirs, souvenirs.
Un refrain de ma jeunesse me revient en mémoire : Ha le choffer ! Ya le motor ! (Baise le chauffeur ! Va le moteur !). Cela manque de finesse, je vous l'accorde, et je m'excuse auprès des personnes que ces propos pourraient choquer, on le mettra sur le compte de la jeunesse.

Lors d'une halte, on achètera des cheichs, qui se révéleront très utile pour se protéger (un peu !) du sable. C'est cinq euros le cheich qui déteint et dix celui qui ne déteint pas !

De la route on voit des troupeaux de chèvres et de moutons avec de grandes tentes berbères. Sans rapport aucun, nous sommes passés, dans un village lors de la sortie des collèges, ils sont mixtes. C'est impressionnant de voir le nombre de jeunes … Comment vont-il trouver du travail ?

De la voiture, nous voyons nos premiers dromadaires (Une bosse ! Attention! ) et des palmeraies au loin.
Arrivés à Mhamid, point de départ du trek, nous avons un premier contact rapproché avec les dromadaires. Ils porteront nos sacs, les tentes et le matériel de cuisine, ils sont sept. C'est plus facile de voir charger des chameaux que des sherpas mal chaussés. Pour l'instant, entre les dromadaires et nous, chacun reste sur son quant à soi.
Nous avons deux heures de marche à faire pour traverser la palmeraie. Une succession de parcelles, plantées de blé, bordées de rebords qui retiennent l'eau d'irrigation. Nous devons sauter par-dessus les séguias, mon bâton est bien utile. Lors d'un arrêt, notre guide nous indique que les palmiers dattiers n'ont pas donné depuis quinze ans, les agriculteurs sont obligés de réaliser des pollinisations à la main. Il y a trois qualités de dattes. A l'arrivée au premier bivouac, Hussein nous sert un thé chaud bien agréable. Puis nous apprenons à monter nos tentes, c'est réalisable. Parfois un peu acrobatique lorsqu'il y a du vent ou que le sol est dur. Nous avons une tente pour deux.
Le premier repas est pris sous une grande tente montée par l'équipe d'accompagnement : un cuisinier, son aide et deux chameliers (j'ai vérifié on peut dire chamelier pour un conducteur de dromadaires). Le guide déjeune avec nous à midi et le soir. Le premier repas est un tajine épicé avec de la coriandre. La nourriture sera simple mais bien présentée et avec des légumes ayant du goût. A la fin, du repas on nous apporte de la verveine, ce qui me rappelle une habitude de ma jeunesse marocaine.

Le lendemain, réveil à 6 heures et demi, le petit déjeuner très bon. Le top c'est, sans discussion possible, la confiture de figues. Elle a beaucoup plu, tellement que les chameliers se sont plaint de ne pas avoir pu y toucher ! Et, mesdames, ne dites pas que ce n'est pas vrai !
Au départ de notre marche, je suis plutôt surpris, voir apeuré, par le teint blanchâtre, voir violine, de certains marcheurs (je ne dirais pas de noms), on les croyait sortis d'un film d'épouvantes. Vous savez le genre "La nuit des morts vivants" ou "Le bal des vampires". Décidé à faire un minimum pour m'intégrer au groupe, je choisis de ne pas faire de remarques. J'ai cru comprendre, après, que c'était une pommade pour se protéger du soleil … Soit ..
Nous traversons des étendues sableuses avec une croute supercielle qui craque sous nos pieds, cela me fait penser au-dessus d'un gâteau au chocolat. Il y a des tamaris aux troncs larges et tortueux, ils doivent être centenaires. Je remarque des traces droites dans le sol, elles correspondent à des parcelles qui étaient cultivées en blé et maïs et irriguées par le Dra, il y a deux siècles. Nous abordons les premières dunes, rapidement nous comprenons que les dunes c'est très bien pour la photo, mais qu'il vaut mieux, autant que possible, marcher entre les dunes sur le plat en croute de chocolat.
Il y a peu d'oiseaux. Dans les palmeraies, des tourterelles, des moineaux en dehors des villes il y a des corbeaux ou plutôt des corneilles; dans les dunes ce sont des "moineaux blancs", aussi effrontés que nos moineaux, ils viennent nous regarder sous le nez. Il y a des "curli" qui marchent beaucoup, à la manière des bergeronnettes de part chez nous, en agitant une longue queue élégante.

Dans le groupe, nous sommes treize, nous commençons à nous connaître par notre prénom. Mais un quatorzième prénom est apparu, c'est Emmanuel (Manu) qui de temps à autres appelle un certain René. Surpris, au début, j'ai compris que c'était de moi dont il s'agissait. Ce prénom me convient, il est porté par des gens très bien dans ma famille et même un excellent marcheur ! J'ai choisi de répondre, à cette appellation … quand cela me conviendrait. La première journée de marche est longue, mon genou tient. Cela va.

Le soir, ou durant les haltes, Hussein nous fait des topos, un des premiers, porte sur les tempêtes de sable et les gens qui se perdent dans les dunes et qui doivent boire leur urine ! Une manière de nous mettre dans l'ambiance. La consigne, comme dans le film "Les randonneurs", est de rester groupés.
Puis il nous a parlé des dromadaires, animal particulièrement bien adapté au dessert. Ils peuvent sur une courte distance aller plus vite qu'un cheval, porter leur poids (350 kilos) sur 40 kilomètres, vivre sans boire pendant 40 jours. Quand on voit la musculature très nerveuse de leurs jambes on est loin des percherons de nos campagnes d'antan ! Les berbères ne font pas travailler les femelles dont la seule occupation est de porter durant 13 mois. Les dromadaires mâles sont castrés. Puis on les spécialise pour porter soit des charges, soit des humains. D'après Hussein, certains dromadaires peuvent très gentils, mais dangereux pendant la période des amours.

Un autre soir, il nous parlera du mariage traditionnel berbère. C'est la mère qui choisit pour le fils une fille qui soit jolie selon les critères berbères c'est-à-dire qu'elle est de longs cheveux, une belle poitrine, des chevilles fines (ou fortes ?). Il faut aussi qu'elle soit travailleuse et que sa famille soit respectée dans le village.
Une fois, le choix fait par la mère, la famille du fils vient faire une visite impromptue à la famille de la fille. Au début, on parle des récoltes, des nouvelles du village, ce n'est qu'à la fin que le père du fils aborde le sujet. Il y a une histoire de mouchoir blanc qui est échangé, donné par les parents du fils, je ne suis plus trop sûr. Si l'affaire est conclue, on se dépêche de préparer la cérémonie du mariage pour éviter que des empêcheurs de se marier en rond ne viennent mettre des bâtons dans les roues. Dans les petits villages cela peut aller vite les ragots. On organise la fête dans la famille du fils. Je passe rapidement. Le début de la fête ne peut être prononcé par le mari que s'il a pu déflorer une jeune fille vierge et présenter un drap taché de sang. La virginité de la mariée est une affaire sérieuse dans ces pays.

Dans les alentours des villes et villages on voit des endroits avec des simples pierres dressées sur la terre, ce sont des cimetières musulmans. Selon leur rite, les musulmans doivent être enterrés dans la journée de leur décès, directement sous cinquante centimètres de terre.

Hussein est très attaché à parler et à faire vivre les traditions berbères, il reviendra beaucoup, pour des raisons qui lui sont propres, sur le mariage. Il semble regretter que les traditions se perdent et qu'il se fasse maintenant des mariages civils.

Le désert est apparemment vide d'habitants et pourtant il peut être pollué ! Les bivouacs ne sont pas totalement des lieux propres, cela se remarque d'autant plus ici qu'avec la beauté et la pureté naturelle des lieux, le moindre papier fait tache. Hussein, attaché à respecter l'environnement, nous a donné l'exemple en récupérant dans son sac des emballages divers. Il faut reconnaître que le vent est traître et qu'il emporte volontiers avec lui les sacs en plastique qui échappent à la vigilance. Nous avons dû, maintes fois, courir après un objet. Ce fut le cas de l'un de nous, par respect de sa vie privée je tairais son prénom, il est partit derrière une dune à la poursuite d'un sac en plastique, ne le voyant pas revenir Hussein est parti le rejoindre …. Cela a été le début d'une longue et tendre amitié !! Et pour le groupe, soudainement et cruellement privé de guide, le début d'une longue errance !
Mais quittons cette parenthèse, somme toute privée, et abordons un sujet récurent : celui de savoir comment soulager des envies pressantes en pleine nature dans le respect de l'écologie et des lieux. Une fois utilisé, que faire du papier toilette communément utilisé dans nos civilisations occidentales ? Si on le laisse sur place, il ne s'enfonce pas dans le sable et reste à la vue. Il faut le brûler ou le ramener pour le déposer dans le sac poubelle mis à notre disposition. Une méthode écologique et qui vaut pour tout les continents est d'utiliser les pierres du chemin. A la fin du trek, Hussein se chargera, lui-même, de trier et de brûler méthodiquement le contenu du sac poubelle.

Ce petit récit ne serait pas complet si je ne parlais pas des blagues qui ont émaillé nos soirées et nos haltes. Généralement Hussein commence une histoire .. Et là Manu, toujours le même, dit : Ah je la connais !! Et cela plombe tout le monde ! Cela ne se fait pas Manu ! A la rigueur on peut dire à la fin de la blague : Ah ! Oui, je la connais déjà … mais mieux racontée. Les blagues furent classiques : les Belges, les blondes..

Hussein nous a posé une énigme : A certains moments, il y a chez chacun des choses qui touchent où qui ne touchent pas. Par exemple pour Henri cela ne touche pas, pour Manu ça touche, pour Jean-Philippe ça touche.. Il nous a fait mariner quelques temps et nous, on était à fond dans l'affaire sans trouver. En fait il s'agissait des lettres labiales qui se prononcent avec les lèvres qui se touchent : B, M P.

Il y a eu des expressions qui sont devenues prégnantes comme : << ça déchire ! C'est trop violent ! >>. Ou alors un non dubitatif, exclamatif que seul Alexandre était capable de prononcer avec toute la richesse d'expression nécessaire.
Comme nous avions avec nous un petit sac à dos et le reste dans un grand sac qui était sur le chameau, nous avions toujours une pommade, un collyre … qui nous manquait car "il était dans le chameau". Expression de Virginie (ça touche pas !)

Revenons à notre trek, il nous a permis de traverser des paysages très variés des palmeraies, des anciens champs cultivés, des regs qui sont des zones caillouteuses avec parfois des pierres fossiles; des zones de dunes avec des couleurs de sables variées, des grandes plaines désertiques, des anciens lits de fleuves asséchés en dessous desquels il y a une nappe phréatique accédée par des puits de quinze, vingt mètres de profond. Sur les dunes, avec le vent les traces de nos pas disparaissent rapidement, permettant à la nature de rester toujours aussi belle après notre passage. La beauté des dunes tient à leurs belles ondulations. Dans le désert comme la vie animale, autant que végétale est rare on la remarque mieux, une plante qui surgit dans une étendue sableuse est remarquable, de même un oiseau ou un lézard … J'ai même aperçu une hirondelle, je lui ai donné rendez-vous en Savoie dans quelques semaines.

Notre troisième bivouac se fait au pied d'une dune de cent cinquante mètres, environ de hauteur. Son ascension est, somme toute facile, seuls les fumeurs ou anciens fumeurs ont des difficultés. De là haut nous avons une belle vue sur la frontière algérienne. Pays ami ou ennemi ? Les relations entre le Maroc et l'Algérie ont toujours été ambiguëes. Le soir, le ciel sera étoilé et magnifique, le lendemain on peut voir le lever de soleil du haut de la dune.

Nous remontons vers le cours asséché du Dra. Nous avons un vent sableux qui met nos yeux en difficulté. Lynda assure la distribution du collyre, merci bien à elle. Allah te le rendra. J'en profite pour dire que les optiques de nos appareils de photos souffrent par le sable, ils échappent à notre contrôle. J'ai loupé ainsi des fleurs de tamaris !! Dans ce pays, il faut prendre des appareils numériques sans ouvertures.
Nous arrivons au Dra que nous remontons pendant quelques temps. Notre bivouac pour le repas de midi se fait à proximité d'un puits. Hussein nous avait promis la possibilité de prendre des douches, de se laver les cheveux, dans mon délire je m'imaginais un oued avec des trous d'eau dont lesquelles je me plongerais voluptueusement … En fait, il y avait juste la possibilité de se renverser dessus une cuvette d'eau … Malgré le désappointement, chacun a profité du puits.
Pendant que nous mangions deux paysans sur des mobylettes sont passés … Ils avaient un fusil et recherchaient un troupeau de sept dromadaires. Nous avons appris qu'ils pouvaient y avoir des vols de chameaux qui sont revendus de l'autre coté de la frontière algérienne. Ce trafic est aussi possible dans le sens inverse. Le propriétaire avait les boules. Il pourra toujours faire une déclaration à la Gendarmerie Royale mais sans beaucoup d'effet.

Apres nous avons fait une sieste, avant de repartir nos dromadaires ont été récupérés pour charger le matériel de cuisine. L'un d'eux, désentravé, en a profité pour partir tout doucement. Ce n'était pas sans compter la vigilance d'Annette qui l'avait vu. Elle l'a rejoint, elle lui a présenté des brins de tamaris, histoire faire ami-ami, puis elle a prit sa corde et elle l'a ramené. Le dromadaire l'a suivit tranquillement. J'observais la scène de loin, prudent. Annette, elle, le regardait du coin de l'œil, des fois qu'il veuille la morde … ou lui faire un gros bizou ? Bravo Annette de l'avoir bravement ramené !

L'après midi suivant nous étions arrivés au bivouac pour midi près d'une belle dune, nous avons eu la pluie pendant deux heures, pas trop méchante mais de quoi à bien nous mouiller. Nous en avons profité pour faire une belle sieste, après j'ai fait une petite ballade avec mon K-Way. Il y avait une tente au loin. C'était quelqu'un de seul qui faisait un trek avec un chamelier cuisinier et deux dromadaires. Pas mal ! J'ai été prendre un café épicé sous la tente des cuisiniers. Il y avait un jeune sahraoui à la recherche de deux dromadaires égarés, volés ? Décidemment.

Le matin nous repartons, non sans que certaines ne mettent une claque au pot de confitures de figues. Un vent s'est levé nous envoyant du sable rouge dans les yeux. Il y a eu une distribution de collyre bienvenue sur des yeux en souffrance.

A l'occasion d'une halte, Hussein nous a parlé de la religion musulmane, il est dit que l'homme peut choisir parmi les possibles, il peut entreprendre de faire, mais c'est Allah qui décide s'il va réussir. Il peut envoyer des épreuves qu'un musulman se doit d'accepter. Ce n'est pas du fatalisme, dans ce cas, on ne tenterait rien, puisque qu'on laisserait Dieu décidait de tout. Hussein nous interpelle sur le sujet de la religion, je me demande comment réagisse les membres de notre groupe ? "Les jeunes de maintenant", je ne suis pas sûr qu'ils soient tentés par la religion, ce n'est plus de notre époque.

Le lendemain Hussein, alors que nous avançons seul à seul, me demande es-tu croyant ? Il paraît qu'il a posé cette question à tous les hommes du groupe mais pas aux femmes. Je lui ai répondu que j'étais en recherche d'une spiritualité … Que j'avais le sens de quelque chose qui me dépassait, qui pouvait donner du sens à notre vie, mais que j'avais des difficultés à suivre une religion : catholique ou autre. Je lui dis que Confucius a parlé de l'homme de bien en recherche de rectitude dans son comportement vis-à-vis des autres hommes. Il a dit " A quoi bon se préoccuper des choses célestes alors que nous avons bien du mal avec les problèmes terrestres". Je lui ai dit aussi que ces paysages étaient propices à la méditation.

Le vendredi, dernier soir sous les tentes, avant de nous quitter nous faisons une petite fête avec l'équipe qui nous accompagne. Véronique est notre porte-parole pour dire des choses aimables pour le cuisinier, les chameliers. Il y a eu une danse berbère sous la tente (ou pseudo berbère dans les vrais danses les hommes et les femmes dansent séparés). Les instruments de musique étaient des jerrycans vides. Lynda a très bien dit : "qu'avec peu ils nous donnaient beaucoup". De son coté le guide, pour ne pas être en reste de compliments, a trouvé notre groupe agréable, il n'y a pas eu de clans, tout le monde a parlé avec tout le monde.
Le samedi, nous sommes arrivés à Ouarzazate vers 17 heures en retard. Les chauffeurs ont été calmés, la voiture de tête, nous étions un convoi de trois 4X4, s'est fait prendre au radar à l'entrée d'un village ! Nous sommes retournés à la civilisation de la voiture …

A Ouarzazate, je voulais trouver des petits pains à l'anis et des beignets ronds, souvenirs de mon enfance. Après une douche rapide, je suis précipité vers le centre ville. En route j'ai retrouvé Marie Claude et Rose Marie. La ville est plutôt provinciale et agréable avec ses boutiques et ses petits marchés. Nous avons trouvé la pâtisserie des Abbouz, la grande pâtisserie de la ville. Ils n'avaient pas de pains à l'anis. Marie Claude m'a donné huit dirhams, soit quatre-vingt centimes d'euros. Une fortune ! Grand merci à elle, avec cela j'ai pu me goinfrer de beignets bien huileux, à raison de deux dirhams le beignet ! Ils étaient chauds et très bons !
De retour à l'hôtel, j'ai encore trouvé la place pour ingurgiter un repas. A table il y a eu un moment de stupeur, Véronique a discuté avec un beau blond (no comment !) de l'autre groupe de Terres d'Aventures, ils sont allés sur les dunes de Merzouga. Ils ont eu des crêpes, alors que nous n'avions eu que des beignets ! Cela a été la révolte ! Comme de bons français nous étions prêts à faire une manifestation avec des banderoles et des cornes de brumes ! Il y a même un mal embouché, Henri je crois bien, qui voulait reprendre et modifier le questionnaire d'évaluation ! Hussein a téléphoné à Mohamed, notre cuisinier, qui s'est trouvé très gêné de nos récriminations. Hussein peux-tu dire à Mohamed que c'est une mauvaise et stupide plaisanterie ? Sa cuisine était très bonne, variée, avec beaucoup de saveurs. Dis-lui bien !
Pour ne pas perdre la face, Véronique a été dire à l'autre groupe que notre guide était bien plus sympathique et que nous avions joué à ça touche où ça touche pas !

Dimanche 15 mars.

A l'arrivée à Orly, c'est l'envolée de moineaux. Chacun repart vers ses activités. Même pour moi, un retraité. Ils sont très occupés de nos jours.

Un peu en retrait dans ce trek, c'est ma nature et aussi il me restait quelques préjugés vis-à-vis de ce pays. Nous ne sommes pas quittés en très bon terme, j'avais seize ans. C'était le début de l'indépendance, il nous fallait partir vers un pays inconnu la France et quitter le pays de ma jeunesse. J'ai beaucoup aimé les berbères, c'est un peuple fier, de traditions. Ils sont ouverts, accueillants, spontanés. Plus agréables à fréquenter que les Fassis (habitants de Fès).
Le pays m'a beaucoup plu par la beauté lunaire de ses paysages, sa végétation rare en lutte contre la sécheresse, il laisse la place pour la réflexion …

J'aimerais faire un autre trek avec des proches. Il faudrait être huit ou plus, trouver un itinéraire, une période, une organisation, ce devrait être possible, mais les uns et les autres ont des employeurs qu'il faut contenter et des enfants à gérer.

A voir.

Les rangements du Printemps

Après le trek au Sahara, j'ai du reprendre avec les habitudes. Je suis revenu avec du beau temps en France, le choc n'a pas été trop fort, cela a été agréable.
A Pégy, j'ai réussi à installer correctement le câble de la parabole satellite. Il a fallu percer des murs, puis j'ai commencé à m'occuper du jardin malgré le vent froid. Ferréole est venue m'aider à ranger Pégy les pièces du bas et les caves. Son aide a été bien efficace. Nous avons fait un bon tour à la déchetterie. Les caves sont à nouveau rangées.

J'ai terminé ma prose sur le trek.

dimanche 8 mars 2009

Littérature, Peinture et ..... focusing

Vendredi dernier il y a eu un atelier des Amis des Musées sur le thème des liens entre la littérature et l'art en particulier la peinture. Nous devions présenter un texte, en lire un passage, et une peinture.

Je suis resté sec, pas d'idées, ce sont des domaines assez cloisonnés. Les choix de mes petits camarades n'ont pas été, de mon point de vue, très pertinent. Je n'ai pas vu de lien entre les textes et les toiles. En y réfléchissant j'aurais bien vu un texte d'Albert Cohen sur son livre fleuve "Belle de Seigneur" mais ou trouver une œuvre capable d'évoquer la beauté extraordinaire de la belle genevoise protestante. Pour moi, c'est impossible, elle ne pourra exister que dans des rêves, elle ne saurait être qu'un regroupement de plusieurs portraits de femme. Il y aurait du Botticelli, de l'Ingres et puis du Manet. A voir ..

Samedi, j'enchaine avec une formation d'écoutant, c'est la X ième que je suis, la psychologue qui assure la formation est intéressante. Elle est axée sur le focusing, une technique fait passer du corporel à la pensée et de la pensée au corps. Il s'agit par le corps de consistance à la pensée qui, sans cela, resterait vide de sens. Et sentir sans la pensée laisserait les images resteraient dans le vague, floues, incertaines, non structurées.
Sentir donne de la coloration aux images.

L'exercice qu'elle propose : c'est de se relaxer, se détendre puis d'identifier un problème qui vous taraude, une difficulté insurmontable. De bien la manipuler, puis de la faire passer sous forme d'objet : une boule, une pierre, une valise. Que cet objet prenne bien l'ensemble du problème. On voit alors que l'on peut le voir sous différent points de vue. Il devient moins prégnant, il ne prend plus toute la place. Après, il faut travailler à ce que l'on veut en faire : le jeter au fond du jardin, dans la mère, moins poétique dans les cabinets pour ne plus le porter. Ou peut être accepté de le garder avec soi. Mais alors qu'il devienne plus léger. On vit avec … La boule, noire au début, peut devenir plus claire …

La séance a été intéressante.. Par ma part j'ai eu du mal, mais mon problème n'était peut être pas encore bien identifiable …
J'essaierais à un autre moment..