mardi 12 janvier 2010

Un oeil sur Erwan et un autre pour le principe de précaution

En gardant Erwan, ce jeune homme n’a pas vraiment fait sa sieste. Alors qu’il dormait depuis quelques temps, alors que je partais, sur la pointe des pieds comme un chef sioux, et là, catastrophe ! il se réveille ….. Perdu …
Après il y a eu débat pour le biberon de 16 heures ….
Le grand père, bien remonté, a décidé : Pas de biberon ! Pas de « Pingouins » (un dvd) !
Pour l’instant, cela tient, mais tout n’est qu’équilibre fragile avec nos chères têtes blondes ..

Principe de précaution.

Un article du Monde sur le principe de précaution appliqué à la crise sanitaire de la grippe H1 N1. Je vais essayer de reformuler.
Le philosophe François Ewald, enseignant au CNAM, définit :
En France, ce principe a d’abord été utilisé pour l’environnement, on voit avec les OGM. Puis c’est la responsabilité de l’Etat qui mis en cause, par exemple avec le sang contaminé. On se souvient des ministres "responsables mais pas coupables". L’état est engagé vis-à-vis des risques encourus par le citoyen. Si "on", au hasard un expert ou un ministre, sur exagère le risque, il se protège d’une mise cause toujours possible par l'opposition plus où moins honnête où des média un peu manipulateurs de leurs chers auditeurs (c’est si facile, cela marche tout le temps et personne ne viendra vous demander des comptes !).

Il y a deux manières d’appliquer le principe :

- soit c’est un principe de délibération (de raisonnement, de réflexion) qui ne préjuge pas de la décision finale. En situation comportant des incertitudes, j’analyse tous les paramètres et je prends la solution la plus adaptée (en fonction de critères de politique sanitaires, financières, voir d’opportunisme électoral ….). Certains choix intègrent, une part de pertes humaines. On disait que les militaires toléraient 5 % de pertes humaines avant de commencer à se poser des questions.

- soit on interprète le-dit principe en décidant que dès qu’il y a une incertitude on arrête tout (i.e. la position rétrograde de Bové et consorts vis-à-vis des OGM). Je viens de passer devant les colonnes du Buren, il y a un méchant ruban rouge et blanc étiré qui empêche l'accès à cause des sols glacés ! Alors que le sol est quasi clean. Il y a un bel énarque au cabinet du Ministère de la Culture qui a ouvert son parapluie et qui ne veut pas passer dans le Canard Enchainé parce qu'un gamin s'est cassé une jambe !
Le principe de précaution est lié à un principe de valeurs. Si la santé de la population ne doit pas être hautement protégée alors on décrète de ne pas prendre de précaution particulière. Au passage, si la ministre Mme Bachelot n'avait rien fait et que la population réclame des vaccins cela serait la révolution …
Le choix pris par la ministre présuppose que la population veut se protéger au maximum (dans ce cas elle décide pour nous). Si elle décréte que le décès, ne serait-ce que d’une seule personne, doit pouvoir être évitée alors il faut exagérer la menace et en conséquence vacciner toute la population, voir même deux fois. Un professeur de médecine de l’AP-HP, style Gentilini où B. Debré, habitué aux aléas de la médecine, sera capable de relativiser, par exemple en comparant avec la grippe annuelle, il acceptera une application du principe de précaution tolérant des pertes et proposera une campagne de vaccination moins générale. J'aimerais bien trouver une comparaison entre les décès dus à l'habituelle grippe annuelle et ceux dus à la grippe H5 N1 (161 décès dus à H1 N1 fin 2009). Au passage, dans les décès annoncés, il faudrait aussi faire le tri entre la grippe et les autres pathologies. La grippe est très active chez les personnes déjà fragilisées …..

Le philosophe continue en précisant "le principe est excessif". Il commande de donner le plus grand poids au plus petit risque. Il oblige à exagérer la menace. … Mme Bachelot a engagé au début de la crise une démarche maximaliste de précaution. D’accord , les informations en provenance de l’OMS étaient très alarmistes. Vient ensuite, la phase de la déception. Comme Brel dans sa forteresse qui attend l’armée ennemie qui ne vient pas. Merde le virus, ce con, n’est pas bien agressif, d’accord il est contagieux mais moins virulent que la grippe annuelle. Alors on s'adapte, c'est ce que fait maintenant Bachelot sous les remarques acerbes et un peu mahonnêtes des uns et des autres, elle a la peau corriace.

D'autres sujets : la communication sur le vaccin (pourquoi si peu de candidats), l'organisation de la vaccination (à la soviétique dans les centres aux horaires variables), la mise en touche des médecins généraux (ils seraient pourtant de bons communicants).

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